Accessibility
Contrast
Saturation
Highlight Links
Cursor
Disable animations
Text Reader
To use the text reader on the site, download the program.
world
Embassy of Georgia to France

Embassy of Georgia to France

Permanent Representation to UNESCO. also accredited in Principality of Monaco

Près de 50 000 opposants rassemblés contre le président géorgien à Tbilissi - LE MONDE

LE MONDE | 02.11.07 | 10h29  •  Mis ჭ jour le 02.11.07 | 17h00 TBILISSI, ENVOYიE SPიCIALE

Pour la première fois depuis son élection en 2004, le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, fait face ჭ une fronde de son opposition. Regroupés sous la même bannière depuis la publication d'un manifeste critique, dix partis ont appelé ჭ un rassemblement, vendredi 2 novembre ჭ Tbilissi. L'idée est de lancer un mouvement de protestation dans tout le pays, une sorte de répétition de la "révolution des roses" de 2003.

L'opposition réclame la tenue des élections législatives au printemps 2008, comme le prévoit le calendrier, et non ჭ l'automne, comme en a décidé le président. Elle a pour projet d'instaurer une République parlementaire. L'idée d'une monarchie constitutionnelle, adoubée par le patriarche, a été évoquée, mais l'héritier du trône des Bagrationi, citoyen espagnol, ne parle pas le géorgien, fait-on remarquer ჭ Tbilissi.

"La terreur politique règne, les droits et les libertés sont bafoués", dénonce le manifeste publié le 17 octobre. Le texte reprend mot pour mot les critiques formulées fin septembre par l'ex-ministre de la défense, Irakli Okrouachvili. Relevé de son poste ჭ l'automne 2006, cet ancien compagnon de M.Saakachvili s'est lancé, le 25 septembre, dans une violente diatribe sur la chaîne de télévision Imedi, accusant son ancien patron d'avoir cherché ჭ faire assassiner l'homme d'affaires Badri Patarkatsichvili, propriétaire d'Imedi, et d'avoir couvert les failles de l'enquête sur la mort de l'ex-premier ministre Zourab Jvania, en février 2005, intoxiqué au gaz.

Le lendemain, M. Okrouachvili était arrêté pour "corruption". Relâché après le versement d'une caution de 6 millions de dollars, il s'est rétracté ჭ sa sortie de prison et vit reclus. Jeudi, des informations contradictoires circulaient sur son départ forcé vers l'Allemagne ou la France. Connu pour ses fréquentes apparitions télévisées, entouré d'hommes en armes, quand il était ministre de la défense, M. Okrouachvili est un "faucon". Il ne cachait pas son envie d'en découdre avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, les deux provinces géorgiennes séparatistes. On dit ჭ Tbilissi qu'il était devenu la bête noire des Américains, qui auraient conseillé au président de l'écarter après la crise russo-géorgienne de l'automne 2006.

DიPUTიS ATTAQUიS

Pivot de l'histoire, l'oligarque Badri Patarkatsichvili a quitté la Géorgie pour Londres. Il a annoncé son intention de financer l'opposition, notamment pour faire venir ჭ Tbilissi les provinciaux qui voudront manifester. Ancien bras droit du milliardaire russe exilé ჭ Londres, Boris Berezovski, M.Patarkatsichvilin'avait pas ménagé sa bourse pour soutenir l'équipe au pouvoir. Tout comme M.Berezovski, il se retrouve dans le rôle de l'homme d'affaires banni qui se targue de financer les "révolutions de couleur".

Combien de manifestants répondront-ils ჭ l'appel de l'opposition le 2 novembre ? Après l'arrestation de l'ancien ministre de la défense, des milliers de Géorgiens avaient manifesté devant le Parlement aux cris de "Saakachvili dehors !". Le président est encore fort populaire. En revanche, la politique ultralibérale de sa jeune équipe suscite des frustrations, malgré les évidentes améliorations de la vie quotidienne : les coupures d'électricité sont plus rares, la corruption a été endiguée. Mais les retombées du boom économique (9% par an depuis 2004) ne sont pas ressenties par tous.

Aucun des chefs de l'opposition n'est en mesure, aujourd'hui, de rivaliser sur le plan du charisme avec "Micha". Faibles et divisés, les partis qui appellent ჭ manifester jouissent d'une audience restreinte mais la tactique du pouvoir, qui consiste ჭ les empêcher de s'exprimer, peut exacerber les tensions. Le 28 octobre, des députés de l'opposition ont été attaqués par des inconnus lors d'une manifestation ჭ Zougdidi (ouest). Selon l'opposition, les agresseurs étaient de jeunes membres d'Unité nationale, le parti présidentiel. L'ombudsman (médiateur) géorgien, Sozar Subar, a déploré les violences, soulignant que les agresseurs portaient des revolvers ჭ la ceinture, signe de leur appartenance ჭ la police ou aux forces de sécurité.

Marie Jégo