L'Adjarie, une vitrine de l'autonomie - LE MONDE
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La petite République autonome de quelque 380 000 habitants, en majorité musulmans, revient de loin. Au début des années 2000, elle était un champ de ruines. Autrefois important port sur la mer Noire et lieu de villégiature des vacanciers soviétiques, l'Adjarie a voulu profiter de la dissolution de l'URSS pour se détacher de la Géorgie. Sous la poigne de fer d'Aslan Abachidze, un potentat mafieux lié à la Russie, elle a déclaré son indépendance.
A son arrivée au pouvoir en 2004, le nouveau président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, s'était engagé à régler le sort des régions séparatistes. Il n'y est pas parvenu en Abkhazie et en Ossétie du Sud, où les autorités sécessionnistes sont soutenues par Moscou. Il a en revanche réussi à récupérer l'Adjarie.
Celle-ci est devenue la vitrine de la politique de décentralisation prônée par M. Saakachvili, censée témoigner des bienfaits liés à l'appartenance à la Géorgie.
Les façades des villas néoclassiques ont été repeintes dans des teintes acidulées. Le port, dont la gestion a été confiée à une compagnie privée, retrouve peu à peu le niveau d'activités d'avant la guerre civile. La promenade du bord de mer, avec ses petits cafés, renoue avec l'animation propre aux stations balnéaires.
L'autonomie politique octroyée par Tbilissi est cependant relative. Le chef du gouvernement, Levan Varshalomidze, 35 ans, est un proche de M. Saakachvili et a été désigné par lui. Le Conseil suprême, qui tient lieu de Parlement régional, n'a eu qu'à entériner ce choix. Le gouvernement gère les subventions venues de Tbilissi. Mais le petit air de bien-être, à défaut de prospérité, qui flotte sur Batoumi tranche avec le délabrement de Soukhoumi, la capitale de l'Abkhazie, qui a rompu tous ses liens avec la Géorgie. M. Saakachvili a réussi sa démonstration.