Conférence – débat à la Fondation pour l’innovation politique
Le 7 novembre 2007 la Fondation pour l’innovation politique et la Fondation Konrad Adenauer ont accueilli la conférence – débat « Indépendance énergétique de l’UE : l’enjeu de la mer Noire », avec la participation de:
Andreas Schockenhoff, membre du Bundestag, vice-président du groupe CDU-CSU;
Agnija Rasa, membre du cabinet du commissaire européen en charge de l’énergie;
Alexandre Vulic, sous-directeur de l’Europe orientale au ministère des Affaires étrangères.
Voici les extraits du discours de M. Schockenhoff :
« L'UE a entrepris d'innover sa politique extérieure à l'égard de la région de la mer Noire qui représente un double enjeu : l'enjeu énergétique, d'une part, étant donné le nombre d'importantes voies de transit de pétrole et de gaz traversant la région depuis la Caspienne vers l'Occident et l'enjeu sécuritaire, d'autre part, car la région est aussi un foyer de conflits et de trafics illicites aux portes de l'Europe.
Préoccupée par la recherche de sources complémentaires d'approvisionnement en énergie et par sa sécurité, l'UE a décidé de renforcer ses relations avec les pays riverains de la mer Noire en transformant sa politique de voisinage bilatérale en coopération régionale.
Une coopération étroite de l'Europe avec cette région frontalière est nécessaire pour y rétablir la stabilité - le facteur indispensable à la mise en œuvre des projets européens concernant la promotion de l'économie, l'instauration de l'Etat de droit et la sécurité de l'approvisionnement futur de l'UE en ressources énergétiques de l'Asie centrale et la Caspienne via la région de la mer Noire: l'accord de Vilnius prévoit la construction d'un oléoduc reliant Bakou à Gdansk, en passant par la Géorgie, la mer Noire et l'Ukraine.
Une coopération régionale approfondie permettra également une lutte plus efficace contre le terrorisme et la criminalité dans le voisinage européen afin de sécuriser la région et d'exclure le risque d'expansion transfrontalière.
Cette coopération régionale approfondie, qui a pour ambition d'étendre l'espace juridique de l'UE aux pays partenaires, se traduira essentiellement par l'intégration des marchés énergétiques régionaux au marché européen de l'énergie, la création d'une zone de libre-échange, une coopération judiciaire et policière transfrontalière en matière de lutte contre tout trafic illégal, une coopération renforcée pour la mise en place de la démocratie et l'intégration des Etats non membres de la mer Noire dans la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ainsi que dans la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
Dans le cadre de la coopération régionale approfondie l'UE sera surtout amenée à intervenir de manière plus active dans la résolution du problème le plus épineux de la région - "les conflits gelés". Dans cette optique l'UE ne devra plus se limiter à ses plans d'action et ses contributions financières mais jouer un rôle politique dans le processus de règlement des conflits séparatistes; c'est dans cette voie que s'inscrit la décision de l'UE de déployer une force de police européenne en Abkhazie et en Ossétie du Sud ainsi que de prendre part aux pourparlers pour trouver le terrain d'entente avec les acteurs extérieurs comme les Etats-Unis et en particulier, la Russie que l'Europe s'efforcera de convaincre de la nécessité de la paix dans la région.
En vue de la mise en œuvre de sa nouvelle politique régionale l'UE accorde une importance particulière au consentement de la Russie étant donné son poids politique, économique, militaire et énergétique sur la scène internationale; ainsi l'Europe s'attellera à trouver un consensus malgré la désapprobation russe vis-à-vis des projets européens concernant la mer Noire.
A travers ce projet, qui ne prévoit pas l'adhésion des Etats non membres de la région, l'UE envoie le signal à ces derniers qu'elle ne les laisse pas tomber, mais envisage de les orienter davantage vers l'Europe par le biais du partenariat stratégique.»